
SAISON 2016
LES DAUPHINS
DE L’ILE DE SEIN
Les effectifs
Après une longue période de stagnation, les effectifs augmentent
légèrement pour atteindre 32 individus.
Pour distinguer un dauphin de passage (un visiteur) d’un « dauphin
de l’Ile de Sein », nous avons pris l’habitude (arbitraire) d’inclure un
individu dans le groupe s’il est identifié au cours de plus de 20 % des sorties
d’identification significatives (indice d’identification > 20%). Avec ce critère Trentin conserve sa place dans les effectifs du groupe et la croissance provient donc exclusivement des naissances au sein
du groupe
Les années précédentes, la
mortalité pendant les trois premières années des jeunes dauphins ne laissait
pas un seul survivant. Cette année, sans que l’on puisse avancer d’explication,
nous n’avons pas constaté de disparition durant l’hiver.
Structure sociale du groupe résident
Les dauphins
solitaires : des supers voyageurs ?
L’étude des dauphins de l’ile de Sein permet d’avancer une
hypothèse sur l’origine du phénomène des dauphins solitaires (ou ambassadeurs).
La trentaine de dauphins qui fréquente les alentours de
l’ile de Sein constitue un groupe à part. La faiblesse des effectifs facilite
la reconnaissance de chaque individu et l’observation de la structure sociale.
Certes, cette structure est élastique et ses frontières sont floues. Néanmoins,
elle permet de distinguer :
Le Groupe Principal.
Ce groupe réunit la majorité des dauphins et notamment les
mères de famille et leurs jeunes. On y trouve aussi, en général, les « tantes »
chargées de l’encadrement des plus jeunes. C’est donc ce groupe qui est le plus
facile à repérer … au détriment des autres individus forcément plus discrets.
Au gré des activités (chasse, prospection ou repos), les dauphins du
groupe principal, plus ou moins dispersés, se déplacent de conserve.
Les jeunes dauphins trouvent une certaine protection
au sein du Groupe Principal et y apprennent les techniques de chasse propres au
groupe.
C’est au sein du Groupe Principal que se façonne la
sociabilité des dauphins ce qui en fait globalement un animal grégaire.
Le Groupe Principal se caractérise
aussi par un territoire de base particulièrement réduit: quelques kilomètres
carrés et une profondeur ne dépassant que rarement une bonne dizaine de mètres.
De façon surprenante, il semble que, cette année 2016, cette
définition simple du Groupe Principal doive être révisée. Si jusqu’à l’année
dernière, l’observation d’un jeune en dehors du Groupe Principal ou alors
l’absence d’un très jeune au sein du Groupe Principal n’était pratiquement jamais
observée, cette situation est devenue coutumière. De même, l’observation d’un
jeune avec sa mère, en dehors de ce groupe devient moins rare.
Le Groupe principal n’est plus
monolithique. Il lui arrive de se scinder en sous-groupes pour se réunir par la
suite.
Certains dauphins adultes, soit seuls, soit en tout petits
groupes de deux ou trois individus, peuvent
s’éloigner momentanément du Groupe Principal pour chasser à proximité du territoire de base du Groupe Principal. Cet
éloignement est relatif, le plus souvent inférieur au kilomètre et d’une durée
limitée à quelques heures. Ce sont les « francs-tireurs ».
L’existence même de ces francs-tireurs indique que le
rassemblement des dauphins au sein du Groupe Principal n’est pas une obligation
alimentaire.
Les voyageurs.
Parmi les francs-tireurs réguliers, certains peuvent quitter
le groupe pour des déplacements beaucoup plus longs (semaines
ou mois). Ce sont les « voyageurs ».
Ils sont identifiés par de longues périodes d’absence. Les
premiers relevés donnaient une proportion mâle/femelle parmi les voyageurs semblable
à celle du groupe : environ 30% de mâles pour 70 % de femelles. Le mystère sur leurs destinations reste épais.
Exceptionnellement, ces voyageurs étrangers, les visiteurs, peuvent
intégrer le Groupe Principal. Le processus, très progressif, prend plusieurs
années. Deux cas ont été observés (Dony-Randy et Trentin).
Les dauphins
solitaires.
A la lumière de ce qui a été dit précédemment, il est
tentant de considérer le dauphin solitaire comme un « super voyageur ».
Avant de se stabiliser, les dauphins solitaires ont
souvent été de grands voyageurs. C’est ce qui apparaît lorsqu’on peut tracer
leurs périples.
Citons Dony-Randy observé en Irlande avant de se
sédentariser en mer d’Iroise.
Et Jean Floc’h, longtemps résident du coté du Cap Sizun,
chassé à coup de dynamite de son fief, a terminé sa carrière fracassante du coté de Vigo en
Espagne sous le nom de Gaspar.
De même Clet, identifié au sein du groupe de l’ile de Sein (probablement
en visiteur) s’est sédentarisé un moment en baie d’Audierne avant de repartir
faire le tour de l’Irlande et de disparaître sur les côtes de Cornouaille durant l'été 2015.
Et Elcano, une étoile filante du genre, apparu sur la cote
nord de l’Espagne avant de disparaître, lui aussi, du coté de Noirmoutier.
Décidément, dauphin solitaire est un métier à
risque.
(Un grand merci à la GoPro et
à Internet qui ont permis de suivre à distance, pratiquement au jour le jour,
les évolutions de ces vedettes de la mer.)
Les dauphins profitent de la sécurité trouvée au sein du
groupe pendant les périodes de repos. Les dauphins solitaires recherchent un
substitut à cette présence du groupe au cours des phases de repos. Ils affectionnent les
mouillages où on peut les voir dormir à coté d’une embarcation ou d’une bouée.
Dony-Randy à la bouée Penn ar Bed, dans le port de Sein
Les rencontres avec les dauphins en liberté ont généré une
activité touristique à part entière … dans les mers chaudes.
Dans nos eaux froides ces rencontres restent
anecdotiques et n’ont pas réussi à
apprivoiser la réserve des dauphins sauvages.
En dehors de tout groupe, le dauphin solitaire peut
approcher les plongeurs pour satisfaire sa curiosité et son esprit ludique.
Cette familiarisation évolue très différemment d’un dauphin à l’autre. On
constate généralement un désintérêt progressif pour les plongeurs après un pic
d’interaction.
Jean Floc'h à Brezellec
Carnet Mondain 2016
Deux naissances cette année et une troisième très tardive (information et cliché du PNMI). Ce n'est pas beaucoup mais quel plaisir de voir l'entrain et la hardiesse de ces très jeunes dauphins.
Irvana et Ilam
Félicitons Xina pour le delphineau de gauche sur le cliché,
Irvana. Très souvent collé à sa mère, il n'a pas été difficile d’identifier le
lien familial.
Irvana et Xina
Il n’en a pas été de même pour Ilam tant ce delphineau passe
de tantes en mère et de mère en cousins cousines avec une confiance
déconcertante. Encore plus fort, il semble quitter le Groupe Principal pendant
des périodes assez longues. Un cliché très convaincant du PNMI désigne Xanthia
comme sa mère.
Ilam et Xanthia
Ilam
Enfin, début novembre, le PNMI a pu observer une naissance tardive: Ilona
Henriette et Ilona - Cliché PNMI
Identification
Alien
Femelle dauphin. Son prolapsus est de l’histoire ancienne.
Ses fiches de présence (alternance de périodes de présence et d’absence) donnent
à penser qu’Alien poursuit ses voyages.
Alien
Description :
Une entaille rectangulaire à la base de l’aileron. Lambeau
supérieur et petit palier à sa base.
___________________________________________________________________________________
Alika
Un aileron de vieux briscard, déchiqueté et lacéré à
souhait. Et la petite encoche verticale au sommet de celui-ci qui permet une
identification rapide.
Sa caudale ne vaut guère mieux que son aileron.
Alika Kamikaze
_________________________________________________________________________________
Bambou
Description :
Aileron falciforme à l’extrémité arrondie. Une boursoufflure
du bord de fuite sur son tiers supérieur facilite l’identification de cette
« dauphine ».
Bambou et King
__________________________________________________________________________________
Bilbao
Dauphin femelle. Moins chanceuse que Bambou, il semble
qu’elle ait perdu deux delphineaux en 2014 et 2015. « Tante » très
active, elle prend soin des plus jeunes dauphins. Bilbao ne semble pas quitter
l’Ile de Sein.
Bilbao et King
__________________________________________________________________________________
Catarina
Dauphin femelle. Une jeune mère qui a perdu récemment un
delphineau.
Description :
Jeune et très peu marquée, Catarina reste assez délicate à
identifier : pour cela il faut un bon cliché mettant en évidence la petite
encoche au tiers supérieur du bord de fuite.
_________________________________________________________________________________
La Chica
Dauphin femelle. Après avoir perdu un delphineau en 2013, la Chica a donné naissance à Joker en 2015. Son rôle de mère la retient donc au sein du Groupe Principal.
Une large encoche au milieu du bord de fuite, se développe
sur environ un quart de celui-ci. Lambeau supérieur et palier inférieur. RAS
sur le reste du dauphin, encore jeune donc peu marqué.
__________________________________________________________________________________
Dolores
Son aileron, marqué, mais sans évolution notoire d’une année
sur l’autre laisse penser qu’il s’agit là d’un dauphin femelle, nettement plus
âgé que les précédentes. Cependant Dolores ne joue pas un rôle de tante. Dolorès
est un franc-tireur impénitent et son carnet de présence laisse penser qu’elle (il ?)
voyage beaucoup.
Description :
Aileron élancé, au bord de fuite rectiligne dans sa partie
supérieure et surmonté par une double boursouflure.
Entaille très nette à la base de l’aileron et du dos.
Dolores
____________________________________________________________________________________________
Dony
Dony (alias Randy) ne fait plus strictement partie du groupe
de Sein dans le sens où il ne semble pas avoir été observé en compagnie
d’éléments de ce groupe. Néanmoins c’est un habitué des lieux, aussi nous en
dirons quelques mots.
C’est un dauphin solitaire « has been ».
Cet ancien compagnon de jeux de Jean Floc’h, dans un premier
temps très joueur avec les plongeurs qui savaient capter son attention avec des
signaux visuels, a fini par ne plus s’intéresser qu’aux plongeuses, puis qu’aux
chiens. Il semble que ses interactions actuelles se limitent à se faire
caresser à partir de pontons ou d’embarcations assez basses … avec toujours une
certaine attirance pour les femmes.
Dony, pour ses courts séjours sur le Caillou, réserve en
général la bouée de la Penn ar Bed, à l’entrée du port.
Description : Blessure ancienne et importante sur le
bord d’attaque de l’aileron.
Fanchette
Dauphin femelle et heureuse mère de Justine. Comme toutes
les mères Fanchette ne voyage pas et demeure au sein du Groupe Principal.
Description :
Encore jeune est peu (ou superficiellement) marquée,
Fanchette se distingue par les trois petites entailles sur le bord de fuite de
son aileron dorsal.
Fanchette
Géraldine
Mâle ou femelle ? Comme Dolores, les marques de
Géraldine n’évoluent pas ou restent superficielles. Et comme Dolores, ce
dauphin n’est pas régulièrement observé en accompagnement d’un plus jeune. Par
contre, ce dauphin semble plus jeune que Dolores et plus agé que les autres
femelles avérées. Géraldine ne voyage pas.
Description :
Son aileron présente une nette entaille rectangulaire, avec
lambeau supérieur, légèrement au dessus du milieu du bord de fuite de l’aileron.
Nombreuses marques en peigne un peu partout.
Géraldine
Graphiti
Dauphin femelle encore jeune. Mère de Jonas né en 2015. Graphiti
ne voyage donc pas non plus.
Description :
Graphiti doit son nom à la tache blanche
observable sur sa caudale. Mais depuis, une profonde entaille en pointe marque
le bas du bord de fuite de son aileron. Très peu marquée sur le reste du corps.
Graphiti
Henriette
Dauphin femelle et jeune mère heureuse de Kaola en 2014. Ses
obligations familiales la maintiennent donc dans le groupe principal. Puis début novembre Henriette a mis au monde Iona. Deux naissances aussi rapprochées reste un phénomène inhabituel (lorsque l'ainé des delphineaux reste en vie).
Description :
Très peu marquée, Henriette reste d’identification délicate :
Il faut pouvoir observer le fin lambeau au milieu du bord de fuite, au dessus d’une
très petite entaille. Quelques marque superficielles sur le coté droit de l’aileron
peuvent donner un supplément d’information.
Kaola devant Henriette
l’Inca
Dauphin mâle, massif et puissant, volontiers franc-tireur et
voyageur.
Description :
Aileron triangulaire, au bord d’attaque pratiquement
rectiligne. Son bord de fuite conserve un petit lambeau à sa base et une
minuscule encoche proche du sommet. Le reste du corps et largement couvert de
marques en peigne.
l'Inca
Jacky
Dauphin mâle au même profil que le précédent l'Inca. Mais
contrairement à son collègue, Jacky ne semble pas s’éloigner longtemps du
Groupe Principal et des cailloux de la Chaussée de Sein.
Description :
Aileron blanchi a son sommets par de nombreuses marques en
peigne. Un assez important lambeau triangulaire au tiers supérieur du bord de
fuite (et une minuscule encoche au sommet de celui-ci). Nombreuses marque en
peigne sur le reste du corps.
Jacky
Kaola
C’est le plus âgé (avec le suivant) des jeunes dauphins. Né
d’Henriette en 2014. Kaola est resté très proche de sa mère. Comme tous les
jeunes, Kaola est très joueur … même pas peur et comme les grands.
Description :
Très jeune donc très peu marqué, Kaola se
reconnaît essentiellement à la courbure sur la gauche prononcée de son aileron.
Kaola devant Henriette
King
Second survivant de la génération 2014 et fils de Bambou.
Description :
A cet âge, les delphineaux restent délicats à identifier. Les
marques superficielles de l’an dernier ont disparu et d’autres les ont
remplacées. Ces jeunes dauphins sont donc identifiés par l’intermédiaire de la
proximité avec leur mère … quand cela est possible.
Deux fins liserés clairs soulignent le bord de fuite de l’aileron,
du coté droit.
Irvana devant King
Minette
Dauphin femelle, encore jeune mais sans descendance. Sans
attaches autres que sa jeunesse, Minette ne semble pas quitter les eaux de
l’Ile de Sein.
Description :
Une petite mais très visible encoche au tiers supérieur du
bord de fuite. Quelques autres marques superficielles.
Minette
Nikita
Probablement un dauphin femelle. Bien que profondément
travaillé, son aileron n’évolue pas et le reste du corps reste relativement peu
marqué. D’un autre coté, Nikita ne passe pas son temps à surveiller les plus
jeunes. Ses longues périodes d’absence du Caillou en font un voyageur très probable.
Description :
Découpe de l’aileron en trois lobes avec un petit palier à
sa base.
Nikita au second plan
Paloma
Très probablement un dauphin femelle. Paloma, parfaitement
intégrée au groupe de Sein, s’est cependant toujours distinguée du
« troupeau ». Paloma a commencé par s’approcher, seule, des plongeurs,
puis elle a fréquenté l’avant port et le port, soit seule, soit en compagnie de
dauphins qu’elle semblait bien entraîner à sa suite. En même temps Paloma était
souvent observée, seule, à l’entrée de la passe des Milinou.
Cette année, ce n’est plus le cas. Et
les périodes d’absence (ou plutôt de non-identification) se multiplient.
Description :
Jusqu’à présent, seule la courbure particulière du bord
d’attaque permettait d’identifier Paloma. Mais, début juillet (2016) une
nouvelle fine entaille orne le bord de fuite de son aileron, à peine en dessous
du milieu de celui-ci.
Paloma
Peau d’Ane
Imposant dauphin. Un mauvais cliché indiquerait qu’il s’agit
d’un male. Sa présence auprès des plus jeunes prendrait le contrepied de ce
point de vue.
Ce dauphin reste très fidèle au territoire du groupe. On
note donc qu’un dauphin âgé et sans attaches familiales n’est pas
systématiquement un voyageur.
Description :
Grand dauphin au bord de fuite de l’aileron très découpé,
surtout à la base.
Peau d'Ane devant King
Pito
Dauphin femelle déjà bien marquée. « Tante »
intentionnée et très présente dans l’étrave du bateau.
Description :
Deux encoches arrondies sur le bord de fuite de l’aileron.
Une en haut et l’autre en bas.
Pito devant Irvana
Trentin
Dauphin probablement femelle. Ce voyageur a encore été discret
cette année. Bien accepté dans le groupe même s'il n'est observé qu'une fois sur quatre sorties.
Curieusement ce dauphin a été
repéré nettement plus souvent par le PNMI que par moi-même. Ceci est
probablement lié à la rapidité de l’embarcation du PNMI qui permet de couvrir
une surface plus importante et d’augmenter la probabilité d’observer les
francs-tireurs.
Description :
Aileron très découpé mais moins profondément cependant que
celui de Peau d’Ane. Peu d’évolution dans ces découpes et les marques sur le
reste du corps sont superficielles.
Trentin
White Tip
Dauphin femelle très attachée au groupe qu’elle semble ne
jamais quitter.
Description :
Dauphin présentant de nombreuses traces
de marquage ancien et superficiel (passablement effacé). Cela donne un aspect
blanchi à l’aileron.
White Tip
Xanthia
Dauphin femelle et mère d’Ilam (source PNMI). Très
curieusement, Xanthia et Ilam semblent s’éloigner très régulièrement du Groupe
Principal.
Description :
Relativement peu et superficiellement marquée. La petite
encoche située au tiers supérieur du bord de fuite de l’aileron, bien que très
nette n’est pas visible de l’avant. Tout petits paliers horizontaux en haut et
en bas de cette encoche.
Xanthia devant Ilam
Xina (Christina)
Dauphin femelle et mère, cette année, d’Irvana. C’est son
premier delphineau et la proximité constante de ces deux dauphins ne laisse
aucun doute sur leur parenté.
Description :
Une encoche en haut de l’aileron avec lambeau supérieur et
inférieur. Un bord de fuite « ciselé » et un troisième lambeau en bas
de celui-ci.
Irvana devant Xina
Yohan
Dauphin mâle. Franc-tireur avéré et peut-être voyageur.
Assez discret lorsqu’il est là, il est difficile d’obtenir de bons clichés de
l’animal.
Description :
Bord de fuite de l’aileron « coupé à la serpe ».
Tout petit lambeau en haut de ce dernier.
Yohan
Les techniques d’études
La photo
identification :
La photographie, principalement « aériennes » et
accessoirement sous-marines, permet de progresser de façon satisfaisante dans
l’identification des dauphins du groupe de l’Ile de Sein.
Cependant, la spécificité de ce groupe de Sein permet de
prolonger cette étude et d’aborder la structure sociale du groupe.
Les fiches de
présence :
Précisons d’abord que les observations P.N.M.I. et D.S. sont
mutualisées depuis quelques années. Ces deux études concordent largement.
Les dauphins du groupe de Sein sont peu nombreux (une
trentaine d’individus) et ensuite ils occupent essentiellement un territoire
extrêmement réduit (moins de quatre kilomètres carrés).
L’observation du groupe principal nous permet donc, si les
conditions sont favorables, d’identifier la majorité des individus qui le
constituent. Les autres sont soit un peu plus loin en francs-tireurs ou alors, en
voyage.
Reste une possibilité de sous-estimation des effectifs quand
les conditions d’observation se dégradent et là, l’exploitation statistique des
« fiches de présence » permet d’améliorer la fiabilité des relevés.
Cette même observation nous renseigne aussi, en interprétant
les « fiches de présence », sur les comportements individuels.
Un dauphin observé le matin et pas l’après-midi est
considéré comme ayant rejoint le groupe principal après une séance de chasse en
franc-tireur.
Un dauphin observé très régulièrement au sein du Groupe
Principal et qui disparaît pendant de longues semaines avant de réapparaître
durablement sera catalogué «voyageur ».
Nous préciserons maintenant les méthodes de comptage qui ont
été employées pour tenir compte de la présence de dauphins « lisses »
(selon la terminologie du GECC) et des observations dans de mauvaises
conditions météorologiques.
Tous les dauphins ne sont pas également identifiables,
spécialement les jeunes peu marqués (ou lisses). Ces dauphins sont donc plus
souvent vus qu’identifiés.
Il nous a paru nécessaire de « corriger » notre
méthode de comptage pour tenir compte de cette différence.
De même, une observation dans de mauvaises conditions
météorologiques (houle, vent, pluie ou brouillard) ne permet qu’un comptage
incomplet des dauphins.
Il a fallu instaurer arbitrairement des seuils et des
« passe-droits », après quoi, le terme « fiche de
présence » doit être compris comme « fiche de présence
identifiée » et la sortie d’observation devient
« significative ».
Les seuils : Pour être comptabilisées et utilisées dans
les statistiques, les images doivent permettre d’identifier au moins 30 % des
adultes du groupe. Cette année, cela représente donc une dizaine d’adulte. Lorsque
ce seuil n’est pas atteint, la sortie n’est pas considérée comme significative
et n’entre pas en ligne de compte pour déterminer le caractère
« voyageur » ou « franc-tireur » du dauphin. Naturellement
ce seuil est critiquable.
Les passe-droits : Les jeunes sont identifiés, dans un
premier temps par leur seule proximité avec leur mère. Ils sont réputés
présents quand leur mère a été observée en présence d’un delphineau. En clair,
un petit bout d’aileron collé à une mère suffit à caractériser la présence du
jeune.
L’ensemble des résultats ainsi obtenus permet un traitement
statistique qui dépasse la simple identification.
Exemple de traitement statistique.
Examinons ce qui se passe pour les
autres dauphins adultes en dressant le tableau des pourcentages d’identification des
adultes sans delphineau:
L’examen de la représentation graphique suggère que cette
population peut se répartir en deux groupes.
Le premier groupe est celui des résidents les plus
régulièrement observés et qui sont identifiés au cours d’environ 80% des
sorties durant la saison.
Le second groupe est beaucoup plus hétérogène. Il regroupe les
éléments qui s’éloignent plus facilement du Groupe Principal : les Voyageurs
et les Francs-tireurs sans pouvoir mettre de limite franche (entre 30% et 40% ?) entre ces deux
catégories.
Bien que la généralisation à des groupes plus importants
soit délicate, cette approche montre une grande variabilité des comportements
des dauphins de l’Ile de Sein.
La répartition par sexe dans ces deux groupes indique que
les femelles sont surreprésentées parmi les résidents réguliers. En tenant
compte des huit femelles chargées de famille, ce caractère s’accentue encore.
Du fait des incertitudes sur le sexe des voyageurs, on ne peut
pas s’avancer sur la constitution de l’autre groupe.
Quelle est la période pour voir ces fameux dauphins ?
RépondreSupprimerLe groupe est "résident". Il est visible toute l'année. Mais cela demande une bonne connaissance des lieux et une météo exceptionnelle.
RépondreSupprimer