vendredi 10 juin 2016

Les dauphins de l'ile de Sein - 2016


SAISON 2016

 




LES DAUPHINS DE L’ILE DE SEIN



Les effectifs

  




Après une longue période de stagnation, les effectifs augmentent légèrement pour atteindre 32 individus.


Pour distinguer un dauphin de passage (un visiteur) d’un « dauphin de l’Ile de Sein », nous avons pris l’habitude (arbitraire) d’inclure un individu dans le groupe s’il est identifié au cours de plus de 20 % des sorties d’identification significatives (indice d’identification > 20%). Avec ce critère Trentin conserve sa place dans les effectifs du groupe et la croissance provient donc exclusivement des naissances au sein du groupe





Les années précédentes, la mortalité pendant les trois premières années des jeunes dauphins ne laissait pas un seul survivant. Cette année, sans que l’on puisse avancer d’explication, nous n’avons pas constaté de disparition durant l’hiver.






Structure sociale du groupe résident
Les dauphins solitaires : des supers voyageurs ?

L’étude des dauphins de l’ile de Sein permet d’avancer une hypothèse sur l’origine du phénomène des dauphins solitaires (ou ambassadeurs).

La trentaine de dauphins qui fréquente les alentours de l’ile de Sein constitue un groupe à part. La faiblesse des effectifs facilite la reconnaissance de chaque individu et l’observation de la structure sociale. Certes, cette structure est élastique et ses frontières sont floues. Néanmoins, elle permet de distinguer :

Le Groupe Principal.

Ce groupe réunit la majorité des dauphins et notamment les mères de famille et leurs jeunes. On y trouve aussi, en général, les « tantes » chargées de l’encadrement des plus jeunes. C’est donc ce groupe qui est le plus facile à repérer … au détriment des autres individus forcément plus discrets.

Au gré des activités (chasse, prospection ou repos), les dauphins du groupe principal, plus ou moins dispersés, se déplacent de conserve.

Les jeunes dauphins trouvent une certaine protection au sein du Groupe Principal et y apprennent les techniques de chasse propres au groupe.

C’est au sein du Groupe Principal que se façonne la sociabilité des dauphins ce qui en fait globalement un animal grégaire.

Le Groupe Principal se caractérise aussi par un territoire de base particulièrement réduit: quelques kilomètres carrés et une profondeur ne dépassant que rarement une bonne dizaine de mètres.

De façon surprenante, il semble que, cette année 2016, cette définition simple du Groupe Principal doive être révisée. Si jusqu’à l’année dernière, l’observation d’un jeune en dehors du Groupe Principal ou alors l’absence d’un très jeune au sein du Groupe Principal n’était pratiquement jamais observée, cette situation est devenue coutumière. De même, l’observation d’un jeune avec sa mère, en dehors de ce groupe devient moins rare.

Le Groupe principal n’est plus monolithique. Il lui arrive de se scinder en sous-groupes pour se réunir par la suite.

Les francs-tireurs.

Certains dauphins adultes, soit seuls, soit en tout petits groupes de deux ou trois individus,  peuvent s’éloigner momentanément du Groupe Principal pour chasser à proximité du territoire de base du Groupe Principal. Cet éloignement est relatif, le plus souvent inférieur au kilomètre et d’une durée limitée à quelques heures. Ce sont les « francs-tireurs ».

L’existence même de ces francs-tireurs indique que le rassemblement des dauphins au sein du Groupe Principal n’est pas une obligation alimentaire.

Les voyageurs.

Parmi les francs-tireurs réguliers, certains peuvent quitter le groupe pour des déplacements beaucoup plus longs (semaines ou mois). Ce sont les « voyageurs ».

Ils sont identifiés par de longues périodes d’absence. Les premiers relevés donnaient une proportion mâle/femelle parmi les voyageurs semblable à celle du groupe : environ 30% de mâles pour 70 % de femelles. Le mystère sur leurs destinations reste épais.

Exceptionnellement, ces voyageurs étrangers, les visiteurs, peuvent intégrer le Groupe Principal. Le processus, très progressif, prend plusieurs années. Deux cas ont été observés (Dony-Randy et Trentin).
Les dauphins solitaires.

A la lumière de ce qui a été dit précédemment, il est tentant de considérer le dauphin solitaire comme un « super voyageur ».

Avant de se stabiliser, les dauphins solitaires ont souvent été de grands voyageurs. C’est ce qui apparaît lorsqu’on peut tracer leurs périples.

Citons Dony-Randy observé en Irlande avant de se sédentariser en mer d’Iroise.

Et Jean Floc’h, longtemps résident du coté du Cap Sizun, chassé à coup de dynamite de son fief, a terminé sa carrière fracassante du coté de Vigo en Espagne sous le nom de Gaspar.



De même Clet, identifié au sein du groupe de l’ile de Sein (probablement en visiteur) s’est sédentarisé un moment en baie d’Audierne avant de repartir faire le tour de l’Irlande et de disparaître sur les côtes de Cornouaille durant l'été 2015.

Et Elcano, une étoile filante du genre, apparu sur la cote nord de l’Espagne avant de disparaître, lui aussi, du coté de Noirmoutier.

Décidément, dauphin solitaire est un métier à risque.

(Un grand merci à la GoPro et à Internet qui ont permis de suivre à distance, pratiquement au jour le jour, les évolutions de ces vedettes de la mer.)

 Chez les dauphins solitaires, le comportement grégaire des dauphins a pu se maintenir en s’adaptant à son nouveau mode de vie.

Les dauphins profitent de la sécurité trouvée au sein du groupe pendant les périodes de repos. Les dauphins solitaires recherchent un substitut à cette présence du groupe au cours des phases de repos. Ils affectionnent les mouillages où on peut les voir dormir à coté d’une embarcation ou d’une bouée.

Dony-Randy à la bouée Penn ar Bed, dans le port de Sein

 Enfin, les modifications des comportements humains dans le sens d’un plus grand respect de l’animal a rendu les rencontres beaucoup moins risquées pour les dauphins que par le passé.

Les rencontres avec les dauphins en liberté ont généré une activité touristique à part entière … dans les mers chaudes.

Dans nos eaux froides ces rencontres restent anecdotiques  et n’ont pas réussi à apprivoiser la réserve des dauphins sauvages.

En dehors de tout groupe, le dauphin solitaire peut approcher les plongeurs pour satisfaire sa curiosité et son esprit ludique. Cette familiarisation évolue très différemment d’un dauphin à l’autre. On constate généralement un désintérêt progressif pour les plongeurs après un pic d’interaction.

Jean Floc'h à Brezellec                               

Carnet Mondain 2016

Deux naissances cette année et une troisième très tardive (information et cliché du PNMI). Ce n'est pas beaucoup mais quel plaisir de voir l'entrain et la hardiesse de ces très jeunes dauphins.
Irvana et Ilam                               

Félicitons Xina pour le delphineau de gauche sur le cliché, Irvana. Très souvent collé à sa mère, il n'a pas été difficile d’identifier le lien familial.


Irvana et Xina                               
Il n’en a pas été de même pour Ilam tant ce delphineau passe de tantes en mère et de mère en cousins cousines avec une confiance déconcertante. Encore plus fort, il semble quitter le Groupe Principal pendant des périodes assez longues. Un cliché très convaincant du PNMI désigne Xanthia comme sa mère.

 Ilam et Xanthia                                     
                           
Ilam                                     
Enfin, début novembre, le PNMI a pu observer une naissance tardive: Ilona



                                                                      Henriette et Ilona - Cliché PNMI

                                    

Identification


 Alien


Femelle dauphin. Son prolapsus est de l’histoire ancienne. Ses fiches de présence (alternance de périodes de présence et d’absence) donnent à penser qu’Alien poursuit ses voyages.



Alien                                      

Description :

Une entaille rectangulaire à la base de l’aileron. Lambeau supérieur et petit palier à sa base.

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Alika


 Dauphin mâle. Et quel mâle ! C’est probablement le plus imposant représentant du groupe. Avec sa une hardiesse à couper le souffle : ses sauts à l’étrave sont risqués, voire très risqués. Et je le soupçonne d’avoir tordu mon balcon avant il y a quelques années.

 Description :

Un aileron de vieux briscard, déchiqueté et lacéré à souhait. Et la petite encoche verticale au sommet de celui-ci qui permet une identification rapide.

Sa caudale ne vaut guère mieux que son aileron.



Alika Kamikaze                                     
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Bambou


 Dauphin femelle (et mère de King en 2014). Très présente dans le Groupe Principal tout au long de la saison comme il sied à une mère chargée de famille.

Description :

Aileron falciforme à l’extrémité arrondie. Une boursoufflure du bord de fuite sur son tiers supérieur facilite l’identification de cette « dauphine ».



Bambou et King                                      
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Bilbao


Dauphin femelle. Moins chanceuse que Bambou, il semble qu’elle ait perdu deux delphineaux en 2014 et 2015. « Tante » très active, elle prend soin des plus jeunes dauphins. Bilbao ne semble pas quitter l’Ile de Sein.

 Description : Un lambeau assez important dans le haut du bord de fuite de l’aileron en fait un dauphin facile à identifier et à suivre. Le reste de l’animal est relativement peu marqué.



Bilbao et King                                     
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Catarina


Dauphin femelle. Une jeune mère qui a perdu récemment un delphineau.

Description :

Jeune et très peu marquée, Catarina reste assez délicate à identifier : pour cela il faut un bon cliché mettant en évidence la petite encoche au tiers supérieur du bord de fuite.


Catarina                                     
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La Chica


Dauphin femelle. Après avoir perdu un delphineau en 2013, la Chica a donné naissance à Joker en 2015. Son rôle de mère la retient donc au sein du Groupe Principal.

 Description :

Une large encoche au milieu du bord de fuite, se développe sur environ un quart de celui-ci. Lambeau supérieur et palier inférieur. RAS sur le reste du dauphin, encore jeune donc peu marqué.



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Dolores


Son aileron, marqué, mais sans évolution notoire d’une année sur l’autre laisse penser qu’il s’agit là d’un dauphin femelle, nettement plus âgé que les précédentes. Cependant Dolores ne joue pas un rôle de tante. Dolorès est un franc-tireur impénitent et son carnet de présence laisse penser qu’elle (il ?) voyage beaucoup.

Description :
Aileron élancé, au bord de fuite rectiligne dans sa partie supérieure et surmonté par une double boursouflure.
Entaille très nette à la base de l’aileron et du dos.

Dolores                                           

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 Dony


Dony (alias Randy) ne fait plus strictement partie du groupe de Sein dans le sens où il ne semble pas avoir été observé en compagnie d’éléments de ce groupe. Néanmoins c’est un habitué des lieux, aussi nous en dirons quelques mots.
C’est un dauphin solitaire « has been ».
Cet ancien compagnon de jeux de Jean Floc’h, dans un premier temps très joueur avec les plongeurs qui savaient capter son attention avec des signaux visuels, a fini par ne plus s’intéresser qu’aux plongeuses, puis qu’aux chiens. Il semble que ses interactions actuelles se limitent à se faire caresser à partir de pontons ou d’embarcations assez basses … avec toujours une certaine attirance pour les femmes.
Dony, pour ses courts séjours sur le Caillou, réserve en général la bouée de la Penn ar Bed, à l’entrée du port.


Description : Blessure ancienne et importante sur le bord d’attaque de l’aileron.

Fanchette


Dauphin femelle et heureuse mère de Justine. Comme toutes les mères Fanchette ne voyage pas et demeure au sein du Groupe Principal.

Description :
Encore jeune est peu (ou superficiellement) marquée, Fanchette se distingue par les trois petites entailles sur le bord de fuite de son aileron dorsal.

Fanchette                                      

Géraldine


Mâle ou femelle ? Comme Dolores, les marques de Géraldine n’évoluent pas ou restent superficielles. Et comme Dolores, ce dauphin n’est pas régulièrement observé en accompagnement d’un plus jeune. Par contre, ce dauphin semble plus jeune que Dolores et plus agé que les autres femelles avérées. Géraldine ne voyage pas.

Description :
Son aileron présente une nette entaille rectangulaire, avec lambeau supérieur, légèrement au dessus du milieu du bord de fuite de l’aileron. Nombreuses marques en peigne un peu partout.

Géraldine                                     

Graphiti


Dauphin femelle encore jeune. Mère de Jonas né en 2015. Graphiti ne voyage donc pas non plus.

Description :
Graphiti doit son nom à la tache blanche observable sur sa caudale. Mais depuis, une profonde entaille en pointe marque le bas du bord de fuite de son aileron. Très peu marquée sur le reste du corps.

Graphiti                                      

Henriette


Dauphin femelle et jeune mère heureuse de Kaola en 2014. Ses obligations familiales la maintiennent donc dans le groupe principal. Puis début novembre Henriette a mis au monde Iona. Deux naissances aussi rapprochées reste un phénomène inhabituel (lorsque l'ainé des delphineaux reste en vie).
Description :
Très peu marquée, Henriette reste d’identification délicate : Il faut pouvoir observer le fin lambeau au milieu du bord de fuite, au dessus d’une très petite entaille. Quelques marque superficielles sur le coté droit de l’aileron peuvent donner un supplément d’information.

Kaola devant Henriette                                      

l’Inca


Dauphin mâle, massif et puissant, volontiers franc-tireur et voyageur.
Description :
Aileron triangulaire, au bord d’attaque pratiquement rectiligne. Son bord de fuite conserve un petit lambeau à sa base et une minuscule encoche proche du sommet. Le reste du corps et largement couvert de marques en peigne.
l'Inca                                      


Jacky

Dauphin mâle au même profil que le précédent l'Inca. Mais contrairement à son collègue, Jacky ne semble pas s’éloigner longtemps du Groupe Principal et des cailloux de la Chaussée de Sein.

Description :
Aileron blanchi a son sommets par de nombreuses marques en peigne. Un assez important lambeau triangulaire au tiers supérieur du bord de fuite (et une minuscule encoche au sommet de celui-ci). Nombreuses marque en peigne sur le reste du corps.

Jacky                                      

Kaola


C’est le plus âgé (avec le suivant) des jeunes dauphins. Né d’Henriette en 2014. Kaola est resté très proche de sa mère. Comme tous les jeunes, Kaola est très joueur … même pas peur et comme les grands.
Description :
Très jeune donc très peu marqué, Kaola se reconnaît essentiellement à la courbure sur la gauche prononcée de son aileron.

Kaola devant Henriette                                      

King


Second survivant de la génération 2014 et fils de Bambou.
Description :
A cet âge, les delphineaux restent délicats à identifier. Les marques superficielles de l’an dernier ont disparu et d’autres les ont remplacées. Ces jeunes dauphins sont donc identifiés par l’intermédiaire de la proximité avec leur mère … quand cela est possible.
Deux fins liserés clairs soulignent le bord de fuite de l’aileron, du coté droit.
Irvana devant King                                      
 

Minette


Dauphin femelle, encore jeune mais sans descendance. Sans attaches autres que sa jeunesse, Minette ne semble pas quitter les eaux de l’Ile de Sein.

Description :
Une petite mais très visible encoche au tiers supérieur du bord de fuite. Quelques autres marques superficielles.
Minette                                      
  

Nikita

Probablement un dauphin femelle. Bien que profondément travaillé, son aileron n’évolue pas et le reste du corps reste relativement peu marqué. D’un autre coté, Nikita ne passe pas son temps à surveiller les plus jeunes. Ses longues périodes d’absence du Caillou en font un voyageur très probable.
Description :
Découpe de l’aileron en trois lobes avec un petit palier à sa base.

Nikita au second plan                                      

Paloma


Très probablement un dauphin femelle. Paloma, parfaitement intégrée au groupe de Sein, s’est cependant toujours distinguée du « troupeau ». Paloma a commencé par s’approcher, seule, des plongeurs, puis elle a fréquenté l’avant port et le port, soit seule, soit en compagnie de dauphins qu’elle semblait bien entraîner à sa suite. En même temps Paloma était souvent observée, seule, à l’entrée de la passe des Milinou.
Cette année, ce n’est plus le cas. Et les périodes d’absence (ou plutôt de non-identification) se multiplient.
Description :
Jusqu’à présent, seule la courbure particulière du bord d’attaque permettait d’identifier Paloma. Mais, début juillet (2016) une nouvelle fine entaille orne le bord de fuite de son aileron, à peine en dessous du milieu de celui-ci.

Paloma                                      

Peau d’Ane


Imposant dauphin. Un mauvais cliché indiquerait qu’il s’agit d’un male. Sa présence auprès des plus jeunes prendrait le contrepied de ce point de vue.
Ce dauphin reste très fidèle au territoire du groupe. On note donc qu’un dauphin âgé et sans attaches familiales n’est pas systématiquement un voyageur.
Description :
Grand dauphin au bord de fuite de l’aileron très découpé, surtout à la base.

Peau d'Ane devant King                                      

Pito

Dauphin femelle déjà bien marquée. « Tante » intentionnée et très présente dans l’étrave du bateau.
Description :
Deux encoches arrondies sur le bord de fuite de l’aileron. Une en haut et l’autre en bas.

Pito devant Irvana                                      

Trentin


Dauphin probablement femelle. Ce voyageur a encore été discret cette année. Bien accepté dans le groupe même s'il n'est observé qu'une fois sur quatre sorties.

Curieusement ce dauphin a été repéré nettement plus souvent par le PNMI que par moi-même. Ceci est probablement lié à la rapidité de l’embarcation du PNMI qui permet de couvrir une surface plus importante et d’augmenter la probabilité d’observer les francs-tireurs.
Description :
Aileron très découpé mais moins profondément cependant que celui de Peau d’Ane. Peu d’évolution dans ces découpes et les marques sur le reste du corps sont superficielles.

Trentin                                      

White Tip


Dauphin femelle très attachée au groupe qu’elle semble ne jamais quitter.
Description :
Dauphin présentant de nombreuses traces de marquage ancien et superficiel (passablement effacé). Cela donne un aspect blanchi à l’aileron.

White Tip                                      

Xanthia


Dauphin femelle et mère d’Ilam (source PNMI). Très curieusement, Xanthia et Ilam semblent s’éloigner très régulièrement du Groupe Principal.

Description :
Relativement peu et superficiellement marquée. La petite encoche située au tiers supérieur du bord de fuite de l’aileron, bien que très nette n’est pas visible de l’avant. Tout petits paliers horizontaux en haut et en bas de cette encoche.

Xanthia devant Ilam                                     

Xina (Christina)


Dauphin femelle et mère, cette année, d’Irvana. C’est son premier delphineau et la proximité constante de ces deux dauphins ne laisse aucun doute sur leur parenté.

Description :
Une encoche en haut de l’aileron avec lambeau supérieur et inférieur. Un bord de fuite « ciselé » et un troisième lambeau en bas de celui-ci.

Irvana devant Xina                                      

Yohan


Dauphin mâle. Franc-tireur avéré et peut-être voyageur. Assez discret lorsqu’il est là, il est difficile d’obtenir de bons clichés de l’animal.
Description :
Bord de fuite de l’aileron « coupé à la serpe ». Tout petit lambeau en haut de ce dernier.


Yohan                                      

Les techniques d’études
La photo identification :
La photographie, principalement « aériennes » et accessoirement sous-marines, permet de progresser de façon satisfaisante dans l’identification des dauphins du groupe de l’Ile de Sein.
Cependant, la spécificité de ce groupe de Sein permet de prolonger cette étude et d’aborder la structure sociale du groupe.
Les fiches de présence :

Précisons d’abord que les observations P.N.M.I. et D.S. sont mutualisées depuis quelques années. Ces deux études concordent largement.
Les dauphins du groupe de Sein sont peu nombreux (une trentaine d’individus) et ensuite ils occupent essentiellement un territoire extrêmement réduit (moins de quatre kilomètres carrés).
L’observation du groupe principal nous permet donc, si les conditions sont favorables, d’identifier la majorité des individus qui le constituent. Les autres sont soit un peu plus loin en francs-tireurs ou alors, en voyage.
Reste une possibilité de sous-estimation des effectifs quand les conditions d’observation se dégradent et là, l’exploitation statistique des « fiches de présence » permet d’améliorer la fiabilité des relevés.
Cette même observation nous renseigne aussi, en interprétant les « fiches de présence », sur les comportements individuels.
Un dauphin observé le matin et pas l’après-midi est considéré comme ayant rejoint le groupe principal après une séance de chasse en franc-tireur.
Un dauphin observé très régulièrement au sein du Groupe Principal et qui disparaît pendant de longues semaines avant de réapparaître durablement sera catalogué «voyageur ».
Nous préciserons maintenant les méthodes de comptage qui ont été employées pour tenir compte de la présence de dauphins « lisses » (selon la terminologie du GECC) et des observations dans de mauvaises conditions météorologiques.
Tous les dauphins ne sont pas également identifiables, spécialement les jeunes peu marqués (ou lisses). Ces dauphins sont donc plus souvent vus qu’identifiés.
Il nous a paru nécessaire de « corriger » notre méthode de comptage pour tenir compte de cette différence.
De même, une observation dans de mauvaises conditions météorologiques (houle, vent, pluie ou brouillard) ne permet qu’un comptage incomplet des dauphins.
Il a fallu instaurer arbitrairement des seuils et des « passe-droits », après quoi, le terme « fiche de présence » doit être compris comme « fiche de présence identifiée » et la sortie d’observation devient « significative ».
Les seuils : Pour être comptabilisées et utilisées dans les statistiques, les images doivent permettre d’identifier au moins 30 % des adultes du groupe. Cette année, cela représente donc une dizaine d’adulte. Lorsque ce seuil n’est pas atteint, la sortie n’est pas considérée comme significative et n’entre pas en ligne de compte pour déterminer le caractère « voyageur » ou « franc-tireur » du dauphin. Naturellement ce seuil est critiquable.
Les passe-droits : Les jeunes sont identifiés, dans un premier temps par leur seule proximité avec leur mère. Ils sont réputés présents quand leur mère a été observée en présence d’un delphineau. En clair, un petit bout d’aileron collé à une mère suffit à caractériser la présence du jeune. 
L’ensemble des résultats ainsi obtenus permet un traitement statistique qui dépasse la simple identification.


Exemple de traitement statistique.
 La population des dauphins chargés de famille ne voyage pas. Et, par définition, cette population constitue l’élément fondateur du Groupe Principal.
Examinons ce qui se passe pour les autres dauphins adultes en dressant le tableau des pourcentages d’identification des adultes sans delphineau:


L’examen de la représentation graphique suggère que cette population peut se répartir en deux groupes.

Le premier groupe est celui des résidents les plus régulièrement observés et qui sont identifiés au cours d’environ 80% des sorties durant la saison.
Le second groupe est beaucoup plus hétérogène. Il regroupe les éléments qui s’éloignent plus facilement du Groupe Principal : les Voyageurs et les Francs-tireurs sans pouvoir mettre de limite franche (entre 30% et 40% ?) entre ces deux catégories.
Bien que la généralisation à des groupes plus importants soit délicate, cette approche montre une grande variabilité des comportements des dauphins de l’Ile de Sein.
La répartition par sexe dans ces deux groupes indique que les femelles sont surreprésentées parmi les résidents réguliers. En tenant compte des huit femelles chargées de famille, ce caractère s’accentue encore.

Du fait des incertitudes sur le sexe des voyageurs, on ne peut pas s’avancer sur la constitution de l’autre groupe.







2 commentaires:

  1. Quelle est la période pour voir ces fameux dauphins ?

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  2. Le groupe est "résident". Il est visible toute l'année. Mais cela demande une bonne connaissance des lieux et une météo exceptionnelle.

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